Le RTAC : à quoi sert ce réflexe et que se passe-t-il quand il reste actif ?

Mise en situation au cabinet : test de latéralité

Aujourd’hui, j’ai choisi de vous parler d’un réflexe archaïque sur lequel je travaille régulièrement lors de mes séances : le Réflexe Tonique Asymétrique du Cou, plus communément appelé RTAC.

Ce réflexe peut notamment être observé chez certains enfants rencontrant des difficultés dans leurs apprentissages. Lorsqu’il reste actif ou insuffisamment intégré, il peut également avoir des répercussions dans le quotidien de l’adulte.

Qu’est-ce que le RTAC ?

Le RTAC est présent dès la vie intra-utérine. Il s’exprime naturellement chez le bébé au cours de ses premiers mois de vie et est généralement amené à s’intégrer progressivement vers 6 mois.

Comment se manifeste-t-il ?

Lorsqu’un bébé tourne la tête d’un côté, le bras et la jambe situés du même côté ont tendance à s’étendre, tandis que les membres du côté opposé se replient.

Schéma du RTAC : bébé allongé, la tête tournée d'un côté, le bras et la jambe du même côté tendus, le bras et la jambe du côté opposé repliés.

Par exemple, si le bébé tourne la tête vers la droite :

  • le bras et la jambe droits ont tendance à s’étendre ;
  • le bras et la jambe gauches ont tendance à se plier.

Par la suite, à mesure que le système nerveux et la motricité évoluent, l’enfant apprend à contrôler volontairement ses mouvements. Tourner la tête ne doit alors plus entraîner automatiquement l’extension ou la flexion des membres.

Le RTAC, chez le bébé et en grandissant

Chez le bébéEn grandissant
Quandprésent dès la vie intra-utérine, il s’exprime naturellement au cours de ses premiers mois de viegénéralement amené à s’intégrer progressivement vers 6 mois
Quand la tête tournele bras et la jambe situés du même côté ont tendance à s’étendre, tandis que les membres du côté opposé se replientl’enfant apprend à contrôler volontairement ses mouvements : tourner la tête ne doit alors plus entraîner automatiquement l’extension ou la flexion des membres

À quoi sert le RTAC ?

Le RTAC intervient dès la vie intra-utérine et joue notamment un rôle dans les mouvements du bébé au moment de la naissance. Il participe aux mécanismes moteurs qui accompagnent son orientation et sa progression lors de l’accouchement. Son rythme est calé sur celui des contractions.

Après la naissance, ce réflexe accompagne les premières expériences sensorielles et motrices du bébé (d’où l’intérêt que bébé ne passe pas ses journées dans le transat, qu’il ait un maximum de temps en motricité libre, en toute sécurité).

Lorsqu’il souhaite regarder un objet ou réagir à un son situé à droite ou à gauche, il tourne la tête. Ce mouvement entraîne alors le schéma moteur associé au RTAC : extension des membres du côté vers lequel la tête est tournée et flexion des membres du côté opposé.

Ces mouvements participent aux premières expériences motrices du bébé et s’articulent avec d’autres réflexes archaïques, par exemple lorsqu’il agrippe un objet ou le porte à sa bouche.

Un rôle important dans le développement moteur

Le RTAC participe au développement de plusieurs compétences, notamment :

  • les mouvements de rotation du corps ;
  • la coordination entre les mouvements de la tête et ceux du reste du corps ;
  • la prise de conscience de la ligne médiane ;
  • le repérage de la droite et de la gauche ;
  • la coordination entre les yeux, les oreilles et les mouvements du corps ;
  • la coordination œil-main ;
  • la mise en place progressive de la latéralité ;
  • la coordination globale et certains aspects de la motricité fine.
Les huit compétences auxquelles participe le RTAC, de la rotation du corps à la motricité fine.

Ces différentes compétences peuvent être sollicitées dans de nombreuses activités du quotidien, notamment la lecture, l’écriture, les activités sportives ou encore certains gestes demandant précision et coordination.

Quelles peuvent être les conséquences d’une intégration incomplète ?

Lorsque le RTAC reste actif au-delà de la période où il devrait normalement être intégré, certains schémas peuvent, selon les personnes, être associés à différentes difficultés.

Bien entendu, chez l’enfant ou l’adulte, les mouvements ne seront pas aussi visibles que chez le bébé. Il peut cependant exister des manifestations plus discrètes.

Parmi les difficultés parfois observées, on peut retrouver :

  • une certaine maladresse : faire tomber régulièrement des objets, se cogner souvent, avoir des difficultés dans les jeux de ballon ;
  • un manque d’équilibre lorsque la tête est en mouvement ;
  • chez les sportifs, des mouvements pouvant manquer de précision ou de fluidité ;
  • des difficultés de concentration ;
  • une difficulté à croiser la ligne médiane ;
  • des difficultés pouvant être rencontrées dans certaines situations de lecture ou d’écriture, comme sauter des lignes ;
  • une posture particulière pour lire ou écrire, par exemple se coucher sur la table ou chercher inconsciemment à stabiliser sa tête.

Chaque personne étant différente, la présence d’une ou plusieurs de ces difficultés ne signifie évidemment pas, à elle seule, qu’un RTAC serait concerné. Un bilan médical ou auprès d’un professionnel compétent peut être nécessaire afin d’écarter d’autres causes possibles.

Comment se déroule mon accompagnement ?

Lors d’une séance, je prends tout d’abord le temps d’échanger avec la personne ou, dans le cas d’un enfant, avec ses parents.

Selon ce qui ressort de la séance, je peux être amenée à travailler autour de différentes périodes de vie et des émotions qui y sont associées.

À l’aide des différentes techniques que j’utilise dans ma pratique, je cherche ensuite à accompagner la personne dans un travail de rééquilibrage et d’intégration du réflexe concerné, le cas échéant.

Dans les semaines qui suivent la séance, des exercices simples peuvent être proposés à réaliser à la maison. Ces mouvements sont directement liés au travail effectué pendant la séance. Ils sont aussi importants que la séance en elle-même.

Plusieurs séances peuvent parfois être nécessaires, notamment lorsque différents éléments ou différentes périodes semblent être impliqués. Il n’y a cependant aucun engagement, chacun restant libre de revenir ou non.

Un exemple de séance

Afin d’illustrer plus concrètement ma manière de travailler, voici un exemple de séance.

Le temps d’échange

Madame M. vient me consulter pour sa fille, Alice, âgée de 8 ans et scolarisée en CE2.

Alice rencontre des difficultés pour s’endormir et pour gérer ses émotions. Elle pleure facilement et peut se mettre en colère pour des situations qui paraissent parfois anodines aux yeux de ses parents.

Le moment des devoirs est également compliqué et Alice rencontre quelques difficultés dans ses apprentissages.

Sa maman m’indique également que son accouchement a été très rapide.

Au cours de la séance, le sentiment de solitude ressort. Alice exprime le fait qu’elle se sent parfois seule, alors même qu’elle a des amis et que ses parents sont présents dans son quotidien.

Le travail réalisé pendant la séance

Au cours de la séance, certains éléments m’amènent à explorer une période située autour du quatrième mois de grossesse, associée à un sentiment de désarroi.

Après vérification selon les outils utilisés dans ma pratique, sa maman explique avoir vécu, pendant sa grossesse, la perte du jumeau d’Alice. À un moment, elle avait même pensé avoir perdu les deux embryons.

Cela n’avait jamais été raconté à Alice.

Sa maman a alors pu lui expliquer simplement ce qui s’était passé. Elle lui a partagé ce qu’elle avait ressenti à ce moment-là : sa tristesse, sa peur, mais également sa joie lorsqu’elle avait découvert qu’Alice était toujours présente lors de l’échographie.

Tout au long de la séance, j’ai utilisé différentes techniques de rééquilibrage dans le cadre de mon accompagnement, ainsi qu’un travail autour du réflexe concerné.

Les exercices à la maison

À l’issue de la séance, Alice a reçu un exercice simple à réaliser quotidiennement pendant 45 jours.

Il s’agissait de mouvements croisés : toucher le genou droit avec la main gauche, puis le genou gauche avec la main droite, pendant environ deux minutes.

Ce type de mouvement permet notamment de solliciter le croisement de la ligne médiane et la coordination entre les deux côtés du corps.

Le suivi

Alice est revenue me voir une fois, environ deux mois et demi plus tard.

Sa maman et Alice ont alors rapporté une évolution positive dans la gestion de ses émotions, ainsi qu’une lecture qu’elles percevaient comme plus fluide.

Lors de cette deuxième séance, nous avons travaillé autour d’un autre réflexe archaïque : le réflexe d’agrippement palmaire, notamment en lien avec les difficultés rencontrées par Alice dans l’écriture.

Les réflexes archaïques : sommes-nous tous concernés ?

Nous pouvons tous présenter, à différents degrés, des réflexes archaïques qui ne sont pas totalement intégrés, sans nécessairement en avoir conscience.

Cela n’empêche évidemment pas de vivre, d’apprendre ou d’avancer dans son quotidien.

Mais parfois, lorsqu’une difficulté persistante est identifiée et qu’un accompagnement adapté permet de travailler certains schémas, la personne peut ressentir davantage de confort dans certaines situations.

J’aime comparer cela à un petit caillou dans une chaussure.

Il n’empêche pas de marcher… mais c’est tout de même beaucoup plus confortable lorsqu’on l’enlève, n’est-ce pas ?

Séverine Chaudron, kinésiologue, dans son cabinet de Pougny près de Cosne-sur-Loire

Qui suis-je ?

Kinésiologue certifiée, spécialisée en réflexes archaïques, je vous reçois dans mon cabinet situé à Pougny, près de Cosne-sur-Loire, dans la Nièvre.

Je suis également éducatrice spécialisée depuis 2007 : j’accompagne depuis près de vingt ans des familles, des adultes et des enfants, de la naissance jusqu’à 18 ans.

Formée à la kinésiologie à l’École Korévie de Dijon (plus de 600 heures, 2022-2024), puis aux réflexes archaïques avec la méthode Réflex’Tonic (2025-2026).

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